Le cours — 6 modules

Prévention des troubles musculosquelettiques (TMS) : gestes et postures de manutention, aménagement du poste, travail sur écran et échauffement de prise de poste — conformément au code du travail (art. R.4541-1 s.) et aux repères de l'INRS et de l'OPPBTP. Touchez un module pour l'ouvrir.

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Vidéo du module 1 — Napo dans… Allégez la charge ! (film INRS)
Objectifs : savoir ce qu'est un TMS • mesurer l'enjeu • connaître les obligations de prévention.

1.1 Qu'est-ce qu'un TMS ?

Les troubles musculosquelettiques regroupent les atteintes des muscles, tendons et nerfs : lombalgies, tendinites (épaule, coude), syndrome du canal carpien… Ils touchent surtout le dos et les membres supérieurs, et s'installent progressivement, par la répétition des contraintes — d'où l'importance d'agir tôt.

Les TMS sont la première maladie professionnelle reconnue en France : près de 9 maladies professionnelles sur 10. Le mal de dos représente à lui seul environ 20 % des accidents du travail. Assurance Maladie — Risques professionnels ; INRS.

1.2 Les facteurs de risque

FamilleExemples
BiomécaniquesEfforts, répétitivité, postures contraignantes (bras levés, dos penché, torsions), port de charges
EnvironnementauxFroid, vibrations (outils, engins), éclairage inadapté
Organisationnels et psychosociauxCadence, absence de pauses, stress, manque de marges de manœuvre

INRS — dossier « Troubles musculosquelettiques ».

1.3 Ce que dit la réglementation

  • L'employeur doit éviter le recours à la manutention manuelle chaque fois que possible (mécanisation, organisation), et sinon l'organiser pour la rendre la plus sûre possible (code du travail, art. R.4541-3 s.) ;
  • Les salariés dont l'activité comporte des manutentions manuelles doivent recevoir une formation aux gestes et postures à adopter (art. R.4541-8) — c'est l'objet de cette formation ;
  • La prévention suit les principes généraux de l'art. L.4121-2 : éviter le risque, l'évaluer, l'attaquer à la source, adapter le travail à l'humain.
Questions associées : thème 1 → QCM.
Vidéo du module 2 — Bien porter : la mécanique du dos (kinésithérapeute)
Objectifs : comprendre la colonne vertébrale • identifier les lésions les plus courantes • repérer les situations qui les provoquent.

2.1 La colonne vertébrale et les disques

La colonne est une pile de vertèbres séparées par des disques intervertébraux, véritables amortisseurs. Elle supporte le mieux les efforts dans son alignement naturel (dos droit, courbures respectées). Penché en avant dos rond, la pression sur l'avant des disques lombaires est démultipliée : c'est le mécanisme du lumbago et, à terme, de la hernie discale (saillie du disque qui peut comprimer un nerf — la sciatique).

2.2 Les lésions les plus courantes

LésionLocalisationCause typique
Lombalgie (lumbago, hernie)Bas du dosLevage dos rond, torsions en charge, vibrations
TendiniteÉpaule, coudeGestes répétés, bras au-dessus des épaules
Syndrome du canal carpienPoignetRépétitivité, appuis prolongés, vibrations
CervicalgiesNuqueÉcran mal placé, posture statique prolongée

INRS — dossiers TMS et lombalgies.

Une douleur qui revient régulièrement au travail est un signal d'alerte : parlez-en (encadrement, médecin du travail) avant que le TMS ne s'installe. Froid, vibrations, stress et cadence élevée aggravent tous les mécanismes ci-dessus.
À retenir : le corps a des limites mécaniques. La prévention, c'est réduire la contrainte (organisation, aides techniques) avant de compter sur la technique gestuelle.
Questions associées : thème 2 → QCM.
Vidéo du module 3 — Soulever une charge en sécurité (Goalmap)
Objectifs : préparer un levage • appliquer les principes de sécurité physique • connaître les limites de charge.

3.1 Avant de soulever : évaluer

  • La charge : poids (étiquette ?), prises disponibles, encombrement, stabilité du contenu ;
  • Le trajet : dégagé, sol non glissant, portes, zone de dépose préparée ;
  • Ses moyens : seul ou à deux ? une aide technique est-elle disponible ?

3.2 Les principes du levage

  1. Appuis stables : pieds écartés de la largeur du bassin, l'un légèrement avancé ;
  2. S'accroupir en fléchissant les jambes, dos droit (gainé, courbures respectées) ;
  3. Saisir la charge à pleines mains et la rapprocher du corps ;
  4. Se relever par la poussée des jambes — ce sont les cuisses qui travaillent, pas le dos ;
  5. Se déplacer sans torsion : pour tourner, on déplace les pieds, jamais le buste en rotation ;
  6. Déposer en refaisant le chemin inverse (jambes fléchies, dos droit).
Deux règles d'or : la charge près du corps (bras de levier minimal pour les lombaires) et jamais de torsion du tronc en charge.

3.3 Les limites de charge

RéférenceRepère
Code du travail, art. R.4541-9Port habituel > 55 kg : uniquement si reconnu apte par le médecin du travail, et jamais plus de 105 kg
Norme NF X35-109 (recommandation)15 kg en port répétitif ; 25 kg maximum sous conditions — au-delà : aide technique ou portage à deux
Charge trop lourde, encombrante ou mal préhensible : on ne « tente » pas — on se fait aider, on fractionne ou on prend une aide technique. À deux, on se coordonne : un seul donne le rythme, même côté, même pas.
Questions associées : thème 3 → QCM.
Objectifs : privilégier les aides techniques • aménager le poste et le stockage • organiser le travail pour réduire la contrainte.

4.1 Les aides techniques d'abord

La réglementation impose de privilégier les équipements avant le port manuel : diable, chariot, transpalette, table élévatrice, potence, bras de manipulation… Les utiliser n'est pas un signe de faiblesse : c'est la mesure de prévention la plus efficace après la suppression du port lui-même.

4.2 Aménager le poste et le stockage

  • Stocker les charges lourdes à hauteur des mains (entre bassin et épaules) — ni au sol, ni au-dessus des épaules ;
  • Réduire les distances de transport et dégager les circulations ;
  • Régler les plans de travail à la bonne hauteur, approcher les objets fréquents ;
  • Gants adaptés (meilleure prise) et chaussures de sécurité (chutes de charges).

4.3 Organiser pour durer

  • Fractionner les charges (deux voyages valent mieux qu'un tour de reins) ;
  • Alterner tâches lourdes et légères, faire tourner les postes répétitifs ;
  • Ménager de vraies pauses de récupération ;
  • Signaler les postes mal conçus : l'amélioration du poste protège toute l'équipe.
Idée reçue : la ceinture lombaire ne protège pas des TMS et n'autorise pas à porter plus lourd — elle ne remplace ni la technique, ni l'organisation. INRS — idées reçues sur les lombalgies.
Questions associées : thème 4 → QCM.
Vidéo du module 5 — Bien s'installer à son poste (AIST 21, santé au travail)
Objectifs : régler son poste (siège, écran, clavier) • prévenir fatigue visuelle et cervicalgies • bien s'installer aussi en télétravail.

5.1 Les réglages de base

ÉlémentRéglage recommandé
ÉcranHaut de l'écran au niveau des yeux ; distance 50 à 70 cm ; perpendiculaire aux fenêtres (reflets)
SiègePieds à plat au sol (ou repose-pieds), cuisses horizontales, dossier soutenant le bas du dos
Clavier / sourisAvant-bras à l'horizontale (coudes ≈ 90°), souris près du clavier dans le prolongement de l'épaule
PortableUtilisation prolongée : réhausse ou écran externe + clavier et souris séparés

INRS, ED 923 « Le travail sur écran en 50 questions ».

5.2 Bouger et reposer les yeux

  • Travail intensif sur écran : pause ou changement d'activité ~5 minutes par heure ;
  • Regarder régulièrement au loin pour reposer l'accommodation ;
  • Se lever, marcher, varier les postures : la meilleure posture est la posture suivante ;
  • En télétravail, appliquer les mêmes principes — le canapé n'est pas un poste de travail.
Vidéo — Adapter son poste de travail sur écran (SSTI 33)
Questions associées : thème 5 → QCM.
Vidéo du module 6 — Exercices d'échauffement au travail (SIST BTP)
Objectifs : comprendre pourquoi s'échauffer comme un sportif • dérouler une routine de 5 à 10 minutes • adopter une hygiène de vie protectrice.

6.1 Travailler « à froid » : le vrai danger

Le salarié qui commence sa journée sollicite ses muscles et articulations non préparés : moins irrigués, moins élastiques, ils encaissent mal les premiers efforts. Une part importante des accidents de manutention survient dans la première heure de travail. C'est exactement pour cela qu'un sportif de haut niveau ne démarre jamais sans échauffement — et l'entreprise s'en inspire de plus en plus : de nombreuses sociétés (BTP, logistique, livraison) qui ont instauré une routine quotidienne constatent des baisses significatives des accidents, certains retours d'expérience allant jusqu'à −40 %.

OPPBTP / Prévention BTP — « Échauffements au travail : quelles conditions pour une efficacité en prévention des TMS ? » ; retours d'expérience d'entreprises.

6.2 La routine type (5 à 10 minutes, chaque jour)

  1. Réveil articulaire, du haut vers le bas : nuque (rotations douces), épaules (cercles), coudes-poignets-doigts, bassin, genoux, chevilles ;
  2. Activation musculaire progressive : quelques flexions de jambes, montées de genoux, gainage léger — le rythme cardiaque monte doucement ;
  3. Gestes du métier à vide : mimer les mouvements du poste (lever, pousser, visser…) en amplitude progressive.
Les règles du sportif : progressif, sans douleur, quotidien (5-10 min/jour valent mieux que 30 min/semaine), adapté au poste, et de préférence en équipe — c'est aussi un moment de cohésion. Les étirements prolongés se placent plutôt en fin d'effort ou en pause active, jamais poussés à froid.
Vidéo — Exercices d'étirements et pauses actives (SIST BTP)

6.3 L'hygiène de vie du « sportif du quotidien »

  • Sommeil suffisant : c'est pendant la nuit que tendons et disques récupèrent ;
  • Hydratation régulière (les disques intervertébraux sont composés majoritairement d'eau) ;
  • Activité physique régulière en dehors du travail : un corps entretenu résiste mieux ;
  • Écouter les signaux : douleur répétée = alerte, pas fatalité.
Questions associées : thème 6 → QCM.

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Sources

Vidéos utilisées

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